Description

Le couplage itératif de la géostatistique avec des mesures de terrain regroupe un ensemble d’outils et de méthodes mathématiques qui peut permettre, à partir des résultats de mesures de terrain, de conduire et rationaliser une campagne d’investigations. L’objectif est de réduire au mieux pendant la campagne de terrain l’incertitude sur la localisation de la pollution ou encore sur l’estimation d’un volume de sols pollués dont la teneur excède une valeur cible (seuil, objectif...).

Cette démarche itérative repose sur les étapes de collecte et d’analyse des données mesurées sur site et de traitement géostatistique qui sont à répéter à chaque phase. Le traitement géostatistique mis à jour au fur et à mesure permet d’actualiser le modèle de pollution des sols, des gaz et eaux souterraines et le modèle d’incertitudes spatiales. Grâce au modèle d’incertitudes, il est possible de proposer un nouveau plan d’investigations  (sondages, piézomètres...) pour la phase suivante, dans les zones classées comme trop incertaines. L’actualisation de ce traitement géostatistique permet de décider à chaque itération de diminuer encore l’incertitude sur les estimations et donc d’améliorer considérablement l’évaluation de l’état de pollution d’un site. Ce traitement peut être réalisé en temps réel, après l’acquisition de chaque nouvelle donnée, ou à une fréquence choisie qui détermine le nombre de données à traiter et à positionner à chaque itération.

Le couplage des outils de mesures rapides sur site avec un traitement géostatistique permet donc une conduite de campagnes d’investigations rationalisée : à chaque itération le niveau de connaissance de la pollution est mis à jour pour décider de l’intérêt d’apporter de nouvelles données.

La démarche de couplage permet de répondre aux exigences suivantes :

  • Tenir compte des contraintes de coûts et de délais d’une campagne d’investigations. Pour que les campagnes de terrain et de modélisation puissent s’enchaîner sans délai d’attente ou perte de temps pour l’opérateur de terrain ou le modélisateur, le transfert des données de terrain, le traitement géostatistique et la récupération du positionnement des prochains points de sondages (X, Y) ou d’échantillonnage (Z) doivent être convenablement synchronisés (via tablettes, GPS, connexion WIFI, drones...).
  • Être utilisable dans une grande variété de situations de pollution (2D ou 3D, mono ou multi-polluants), de contraintes de terrain (inaccessibilité de certaines zones à l’échantillonnage) et de contextes réglementaires (valeurs seuils, valeurs cibles, taux d’abattement...). Les programmes de traitement géostatistique ont donc été conçus pour être les plus généraux possibles.

Cette démarche suppose de connaître sans délai l’état de pollution des échantillons collectés, condition que les outils de mesures sur site remplissent. Le couplage avec l’XRF portable est le plus fréquent, celui avec d’autres outils est en cours de développement (LIBS, GC MS portable, PID, hyperspectral...) à partir du moment où une interface d’échange des données
est disponible pour exploiter les résultats dans le modèle géostatistique.

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